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[RP] Immersion du vent en sept notes

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[RP] Immersion du vent en sept notes

Message par Linkeuh le Sam 31 Déc - 12:11

L'odeur pur du sang n'a pas d'égal. Elle empeste presque toujours la faiblesse de son porteur, si docile, si langoureux comme une larve agonisante. Mais pas cette fois.
La jeune fille sourit, des larmes bouillonnantes coulent sur son visage, la vision se brouille comme une flaque d'eau.
Le destin tourne la page. Une salle émerge du songe, elle est étroite. Mes mains touchent des rebords visqueux. La seule lumière visible est un trou dans le plafond, sûrement une brique manquante. Sur les murs on peut lire des noms à moitié écrit, comme une partie de pendu presque terminée.
Les prénoms se forment peu à peu et tombent par terre. D'étranges petites araignées sortent du plafond par le trou et descendent le long de la paroi. Elles ramassent les lettres et s’affairent autour de moi en sautillant. Et quand je tends la main pour en attraper une, elles me mordent et me sautent toutes dessus.



Nibelhem s'éveille en sursaut, elle est ruisselante de sueur. Les images s'emboitent une à une, seul un détail a retenu son attention. Elle attrape un gobelet d'eau et le vide, et sort.
Le froid de Descendre est agressif, surtout dans la bourgade de Frigost. La Sacrieuse s'était rendu en ces lieux pour donner à coup de main à un dénommé Rhonté, le chef Rhonté. Elle devait vérifier si ses collègues s'était fait croqués ou non par des Smilomouths.
Nibelhem, accompagnée de Areha, Mur-mur et Linkeuh, durent endurer des allés et venus pendant des heures... A son retour elle était rentrée à l'auberge pour la nuit, et accessoirement boire une bonne bière au chaud avec ses amis.

La nuit était déjà tombée depuis belle lurette, les toits semblaient narguer les étoiles, ils leur murmuraient des mélopées, drapant ainsi leurs angles biscornus de lucioles célestes. Nibelhem avait la tête qui tournait, elle affaissa un instant, elle entendait vaguement des sons de sauts qui résonnaient sur la neige.
Sa respiration était rauque, son cœur battait violemment dans sa nuque, elle perdit connaissance rapidement
.


<< Tu te ronges les sangs pour rien.
- Une Sacrieuse qui loupe deux de ses neuf rations de viande quotidiennes c'est rien ?
- Elle est peut-être partie chasser le Kaniglou pour changer. >>

Le Xelor fait les cent pas, le sol en porte l'usure, il s'inquiète : Nibelhem a disparu en pleine nuit ; aucune trace d'elle ; et avec Mur-mur ils sont tous les trois dans un village qu'ils connaissent peu.


<< Bon allons inspecter les alentours, on trouvera peut-être quelque chose ! >>

Après quelques centaines de mètres parcourus, nos deux protagonistes tombent nez à nez sur une scène remarquable. A quelques dédales vers le nord, on pouvait accéder à une petite galerie de ruelles. L'une d'elle portait encore la marque d'une bagarre.
Les poubelles étaient arrachées de leur pied ; quelques caissons, transpirant encore la cargaison portuaire de la veille, étaient fendu par endroits. Et parmi les débris, trônait tel l'incarnation de la détresse, un lambeau de vêtements tâché du sang de sa propriétaire.

L'obscurité était totale, on pouvait renifler l'odeur du vide humide qui flottait, tel un son lourd et frémissant. Mes mains étaient liées par une corde, ou des lanières en cuir peut-être. Ma tête me faisait un mal fou, des pas claquaient à l'intérieur.
Une porte fit son apparition, en même temps que la lumière qui s'y engouffra, ma vision passant de l'infini au cubique. Malgré le changement je pue capter les formes et les couleurs.
Les murs étaient recouverts de grandes peaux brunes, le lit où j'étais séquestrée était blanc, plutôt cossu, de l'if si je ne m'abusais.
Une lampe au papier couleur "vert dofus" s'alluma prêt de moi, une silhouette avança dans l'encadrement de la porte, et vint s'assoir.
Son visage était impossible a déchiffrer tant le mal de tête bourdonnait mes sens. Seule une voix parvint à mes oreilles.


<< Désolé d'en venir à de telles extrémités, mais j'avais besoin de vous, et je sais que vous ne seriez jamais venu ici sans soupons.
- ... >>



Note numéro 7


Le flash revient plus fort. Les ronces plafonnent l'univers, pour peu que l'univers soit une forêt. Les Araknes font leurs entrées et sorties sur la scène, le soleil filtre à travers les épines, ses mains effleurent ces mailles vertes.
Une seule couleur rend la tableau irréel, une forme éthérée flotte à côté d'elle. L'entité a forme humaine, elle ouvre la bouche, mais seule une vapeur s'en échappe.
Le décor devient mou, les contrastes deviennent faibles, son esprit tombe dans une chute millénaire.
Les paysages défilent les uns après les autres, villes d'enfance, chambres d'amis, lieux de travail, plages...
Le faisceau lumineux se rétrécit autour de son corps.
Cent ans ont passé, une goutte d'eau dans les larmes d'un dragon gigantesque. Elle a le visage d'une vieillarde, mais elle reste une éternelle enfant.
Elle sourit et un champ d'orge coule à ses pieds, miroitant sa beauté omnisciente. La vieille demoiselle enfonce ses pieds dans le champ, et les recouvre de terre, comme pour se connecter complétement.
L'univers n'est plus une forêt, c'est un panorama scintillant. L'osmose ne trempe plus dans six sens, mais dans sept. La pensée est là, loin des entraves linéaires, et l'esprit se déverse telle une langue en forme de tapis roulant sur la planète.
L'entité est tranquillement assise aux côtés de la vieille, elle aussi à les pieds dans la terre, elle prend lui prend la main.
Un flash. Violent encore.
Elle chute dans une pente rocheuse. Ses mouvements sont rapides et inutiles.
Le tournis ralentit, elle s'accoude difficilement ; ses genoux, saignants à demi immergés, ne sont plus tout fripés, ce sont à nouveau ceux d'une jeune et belle femme.
Située en contrebas de la route, le point de chute baignait dans une eau chaude, elle est maintenant trempée.
Le jeune homme lui demande si elle va bien et lui tend la main, elle essaye de s'accrocher mais n'arrive pas a s’agripper à sa paume.
Le flash revient de plus bel. A nouveau la forêt.
L'entité se dresse au dessus d'elle, la femme écarte les ronces et se relève.
A ses pieds les Araknes continuent leur travail, le répertoire théâtral parcours de ses pattes le cadran du Temps. Elle se tient fière et droite sur le dessin de l'horloge, la créature éthérée penche ta tête vers elle, la Sacrieuse lui rend légèrement le coup de tête.
Un dernier flash.
Le sable orne ce bout de la croute rocheuse, c'est un désert, et le seul point d'eau apparent est une oasis situé non loin.
Etrangement il ne fait pas froid, des crinières spirituelles attisent l’atmosphère, par delà les dunes on peut encore entendre le monde qui vit et meurt en silence.
La nuit caresse son visage, ses mains sont petites mais elle n'en a pas conscience.
Tout ceci n'est que le début d'un long périple, où ceux qui la guideront dignement, prendront conscience de leur véritable potentiel, comme de leurs faiblesses.
Le cri d'une monture retentit à une dizaine de mètres, un Xelor accourt, suivi d'un Feca au regard juvénile. Linkeuh se penche sur le berceau de ronces et se tourne ébahi vers son compagnon.


<< Tu.. Tu as vu la chose argentée qui était avec elle !?! >>
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Re: [RP] Immersion du vent en sept notes

Message par Linkeuh le Jeu 5 Jan - 18:50

J'émerge à moitié de mon coma, seulement cette fois-ci je suis sur le dos d'un humanoïde. Malgré l'odeur poisseuse qui se dégage de mon porteur, je ne ressens étrangement aucune panique à son égard.
Je gratte la paume de ma main, elle est pleine de terre. L'homme se rend compte de mes mouvements et s'arrête.
Après quelques secondes, il me dépose contre une paroi rocheuse et m'enlève l'entrave qui bande mes yeux.
Deux hommes se dressent devant moi, je reconnais sans problème le premier : c'est l'homme qui m'a enlevé. Le second est sans nul doute celui qui m'a porté pendant ces dernières heures.
Nous nous trouvons tous les trois dans un tunnel étroit et humide, quelques tâches d'Obsidiantre incrustées dans le mur m'évoquent une mine située non loin d'un lac gêlé.
Mon ravisseur s'accroupit, sort une gourde d'eau et déglutit un peu, comme pour prouver sa bonne fois avant de me faire boire. J'avale abondement et tousse. Il tend l'outre à son compagnon et se frictionne les mains.


<< Bon on est plus très loin, tu vas rencontrer notre cheftaine alors pas un mot. Elle pourrait très bien te trancher la tête au moindre sourcillement. >>

Je ne lui adresse qu'un crachas en guise de réponse. Il s’essuie le visage et hoche la tête avec dépit. L'homme de main s'empresse de me remettre sur son dos aussi sèchement qu'un sac de pommes de terre, et nous voilà repartis. Les secousses me bercent à nouveau vers l'inconscience.



Je reçois un coup dans l'oreille, vu la taille de la brulure, c'est une gifle. Une femme se dresse devant moi. Son aura divine envahi mes sens, elle me regarde d'un air méprisant, la chair de poule dégringole sur mes bras.

<< Tu sais qui je suis gamine ?! Je suis une déesse folle de rage, et TU sais ce qui se passe quand JE suis folle de rage ?!! >>

Nibelhem, moitié éveillée moitié tremblante, fixe l'arrière-plan.
L'oeil de l'une des créatures vient de s'ouvrir, au moment même où la voix de sa maîtresse s'élève.

<< Et bien mes chimères déchiquettent tout ce qui m'énerve !! >>

L'une des trois bêtes, sûrement la plus petite, se redresse et lance un cri perçant. Cet espèce de Firefox à tête d'Ouassingue faisant tout de même un bon mètre au garrot.

<< Parlons affaires. Oui je sais ce n'est pas très licite de ma part, mais tu vas devoir me rendre un service, en échange de ton immunité. >>


La sacrieuse fronce légèrement les sourcils, dissimulant à peine sa peur.

<< Vois-tu, je ne vais pas te faire tout un discours sur le "bla-bla" théologique, mais la foi en l'expression des êtres pensants de ce monde, est en train de se faire aplatir par une course linéaire, filant vers un expansionnisme barbare.
- J'ai rien compris. >>


Je me prends une autre gifle.

<< Fais fonctionner tes neurones chérie. Nous ne sommes pas seules. Des êtres entourent ton carcan, par delà les étoiles, leur communiquer ta fragilité et ta force, c'est leur faire admettre que cette terre est vivante, telle une forêt bourdonnante.
- Très spirituel, mais là on est dans "ma" dimension, et ici on utilise des mots simples quand on veut se faire comprendre. >>


La déesse se tait, ce silence me donne l'occasion d'examiner les alentours. Je me trouve dans une pièce nappée de pourpre, des tapisseries aux meubles. La femme se déplace vers moi, laissant place à un feu qui trône au fond de l'habitacle.
Les chimères, situées entre les deux, se sont légèrement recroquevillées.


<< Je viens d'un monde onirique dont tu n'as même pas idée. Je suis déjà venue à plusieurs reprises dans "ta" dimension. Je m'offre le luxe de te "confier une mission" qui aidera sûrement plus d'un innocent.
Un seul refus de ta part, et je t'entrainerai dans des cauchemars atroces qui dureront des semaines.
- Dit comme ça.
- Je dois te prévenir, ce que tu t’apprêtes à affronter est pire que tout ce que tu as vu. Pour t'aider a accomplir ta tâche, je vais te donner deux présents. >>


Elle se retourne et approche de l'un des coffres situés à droite, elle l'ouvre et en sort un long sac ainsi qu'un autre coffre, plus petit. Elle revient vers moi, et adresse à l'un de ses serviteurs un mouvement rapide de la tête.
L'une des créatures, je ne saurai jamais laquelle, émet une légère bourrasque, ou était-ce le coup d'une énorme griffe. Les cordes qui me retenaient prisonnière m'abandonnent. La déesse me jette le sac avec force, je l'attrape, sentant mon pied reculer sous le choc.


<< Voici un sabre plus tranchant que le vent lui-même, il t'aidera a pourfendre les faquins qui s'attaqueront à toi.
- Tu me cognes, et ensuite tu me donnes un sabre ? C'est moi ou..?
- Tais-toi et regarde ça. >>


Elle me tend le coffre, au touché il est légèrement froid, taillé dans l’érable, je l'ouvre. Une pierre scintillante baigne en son creux.


<< Et je fais quoi avec ça ?
- Tu le donnes à ton ami le plus cher, et ensemble pour pourrez venir à bout du mal.
- Sérieux.. >>
dit Nibelhem en plaquant sa main sur son front.
<< Ouais je sais. Bon maintenant mes compagnons vont te raccompagner auprès des tiens. >>



Les trois chimères se transforment alors en trois formes distinctes, je connais deux d'entre elles, le visage de la troisième m'est en revanche inconnu.
Le "lourdeau", qui avait il y a encore quelques secondes l'apparence d'un dragoeuf à queue de prespic, s'approche de moi si rapidement que je n'ai pas le temps d’esquiver. Un violent uppercut me replonge dans les bras d'Eniripsa.





A plusieurs milliers de mètres de là...

Malgré les bandages qui les recouvrent, mes mains sont frigorifiées. La tempête n'arrange pas les recherches, le sadisme du vent et de la neige rendent la visibilité nulle.
Mur-mur traîne loin derrière, ses pouvoirs ne le protègent aucunement des intempéries, des larmes gêlées coulent d'ailleurs sur ses joues. Il n'admettra jamais son inquiétude.


<< Allez bouge ton cul !! On va la retrouver ! >> dis-je.

Je crois aperçevoir un travailleur au loin, il semble affairé autour d'une grue, abordant elle-même une immense crevasse.


<< Ce sera juste le vingtième péquenaud à qui on demande des renseignements, mais c'est pas grâve... allez ! >>



Note 6

L'aurore pointe son nez, l'effort grelotte, la fatigue n'a que rarement de répis.
Or le souffle du puit révèle le passage, c'est un escalier en colimasson qui descend le long du gouffre.
L'enfant descend au fond, celà débouche sur une plage. Le soleil l'éblouit. Elle avance dans la mer, et plonge la tête, elle nage longtemps jusqu'à trouver un mur dressé tel une île. La jeune fille plonge, au bout d'une minute elle trouve un passage sous-marin, et s'y engouffre.
Elle se retrouve dans un cylindre de pierre exigu à demi immergé, une colonne d'étagères remplies de livres et de boules de cristal couvre le mur.
Elle s'agrippe à un étagère pour se hisser hors de l'eau, puis les escalade une à une.
Au sommet elle trouve un bouton, elle appuie dessus et le décor pivote. Dans un bois verdoyant, l'entité lui fait face.


<< Tu es un peu plus grande maintenant, tu as gagné en force et en maturité. Mais tu as encore beaucoup à faire. Beaucoup de tofu tofu tu comprends ?!! >>

Un imposant tofu parle désormais à la place de l'entité, il la prend dans ses griffes et s'envole. Puis après être monté assez haut, il lâche l'enfant au dessus de la forêt, ce dernier tombe rapidement et s’évanouit avant de toucher terre.
La rudesse du sol se plaque contre l'arcade de son œil. Des odeurs de fer et de foyers ardents embaument l'espace.
Une rivière de lave coule de l'un des fours, elle serpente dans la pièce et passe à côté d'elle de haut en bas, enfin de son point de vue.


<< Sueur de la terre. Reste mon éphémère jusqu'à l'aurore. Et quand les coups de pioche auront sanctifié ma haine, je laisserai les bateaux regagner le large, où ils brûleront sous ma coupe. >>

Le sol s'écarte en deux, de gigantesques ronces débordent sans crainte de la crevasse où se déverse la lave.
Mes yeux se ferment de temps à autre, je crois voir Khalian entrer en courant dans la pièce, je crois l'entendre me dire que tout se passera bien, enfin je crois.
La fraicheur devient étincelle, et je m'endors sans attendre dans un long rêve.
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