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[RP] Pwaline

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[RP] Pwaline

Message par Pwaline le Ven 2 Juil - 11:02

Tout ceci semblait n’être qu’un rêve. Cela ne pouvait qu’être un rêve.
Elle ne pouvait tout simplement pas comprendre, comment la situation avait pu lui échapper à ce point. Comme son plan si parfait, son talent si certain, avaient pu lui faire défaut, pour la première fois de sa vie, et surtout elle éprouvait une haine intense vis-à-vis de Lui.

Il avait autrefois été un modèle, un exemple vers lequel elle faisait tout pour tendre. Puis il l’avait prit sous son ailes -selon ses propres mots- et était devenu son maître. Elle savait qu’elle avait été de loin sa meilleur élève, et qu’il l’aimait bien, ce qui l’avait poussé à la traiter plus durement encore que tous ses autres élèves. Il avait ensuite été un amant, à cet âge ou les jeunes filles sont inexorablement attirées par les hommes « mûres ». Désormais, il était son pire cauchemar.

La morsure du froid glaciale qui émanait de l’obscurité la ramena la réalité, et un instant elle regrettait que tout ceci ne soit pas réellement un songe.
Elle évalua rapidement la situation, quelques coupures sur les membres inférieurs, une belle entaille à l’épaule –qui lui laisserait sans nul doute une belle cicatrice- et une ecchymose de la taille d’une pièce de 5 kamas sous l’œil gauche. Elle pouvait s’estimer heureuse de s’en être tirée à si bon compte jusqu’à présent. Mais elle savait que cela ne durerait pas.

Il était toujours la, quelque part dans le couvert de l’obscurité. Elle le sentait, sa présence était la comme une évidence, sans qu’elle puisse toutefois la saisir. Il n’avait que des blessures superficielles, infligée bien plus par la végétation luxuriante qui entourait la grotte que par les coups et les assauts de sa victime. Cette pensée la fit tressaillir. Non, elle n’était pas une « victime », du moins pas encore, elle était toujours en vie, prête à se battre. Et elle ne lui rendrait certainement pas la tache facile.

Elle le connaissait par cœur, pour l’avoir affronté durant ses classes. Elle connaissait chaque centimètre carré de sa peau qu’elle avait autrefois caressée avec tendresse. Ses faiblesses n’avaient aucun secret pour elle. Mais cela suffirait-il ?
Après tout, il lui avait tout appris, chacun de ses coups, de ses déplacements, aussi devait elle sortir des sentiers battus si elle voulait avoir la moindre chance. « Surprendre l’adversaire », tel était l’un de ses premiers enseignements qu’il lui avait apporté. Mais comment surprendre celui quoi vous a tout appris ? Celui qui a partagé une partie de votre existence, au point de n’être plus qu’un seul être possédant deux enveloppes corporelles ?

Une idée lui traversa l’esprit à la vitesse de la foudre qui s’abat sur les landes désolées de Sidimote, et elle la chassa aussi vite qu’elle était venue. Non, c’était trop simple pour fonctionner. Mais cette téméraire impulsion nerveuse revint à la charge.

Lorsqu’il jailli de l’ombre face à elle, elle s’était décider. Après tout, il lui avait lui-même enseigné que « la meilleur solution est toujours la plus simple ».
Elle esquiva de justesse le puissant coup qu’il tenta de lui porter, et sa hache fracassa la roche dans un bruit lugubre. Ne perdant pas la moindre seconde, elle bondit sur sa droite, et se redressa avec l’agilité du tofu. Elle sentit la surprise de l’homme.


Elle n’avait pas riposté. Il devait se méfier, elle était capable de tout. Cette jeune fille l’avait souvent pris de court. Il s’en félicitait toujours, et nourrissait également un sentiment de jalousie à son égard, elle qui apprenait si vite ce qu’il avait mis des années à maitriser.
Certes, elle ne l’avait jamais véritablement vaincu en combat singulier, mais la dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés face à face -la veille de sa trahison- il s’en était fallu de peu.
Il ne comprenait pas ce qui l’attirait vers elle, au point de braver les interdits, et d’avoir une liaison avec une de ses élèves. Mais après tout, le cœur a ses raisons que la raison ne connait point, et il n’avait jamais tenté d’abuser d’elle. Non, leur relation était fusionnelle.
Désormais il devait l’éliminer. Et toute la rage qu’il avait accumulé durant des trois années jaillissait et décuplait ses incroyables capacités d’assassin.
Il n’aimait pas ce terme. C’était celui que les gens employaient, tout ces ignares qui ne comprenait pas qu’une guerre ne se gagne pas sans que des têtes tombent.
Il aimait son métier. Certain de ses « collèges » répugnaient à qualifier cette activité de métier, mais pas lui. On lui donnait un nom, et lui se chargeait du reste, quand où et comment. Il était redoutablement efficace et chaque membre de l’état major Brâkmarien redoutait d’être un jour confronté à sa lame. Sa notoriété avait grandit à une vitesse fulgurante, le propulsant rapidement en haut de l’échelle des services de renseignement Bontarien. On disait qu’il était si rapide, qu’il remplissait ses contrats avant même que l’encre n’ait eu le temps de sécher.

Tout ce qu’il avait construit était menacé par cette femme qu’il avait sincèrement aimée, et qui l’avait trahi. Elle avait bien tenté de lui expliquer ses raisons, mais rien ne pouvait rincer le gout amer de la trahison qui resterait à jamais dans sa bouche. Il l‘avait chassée sans attendre, et par dépit, elle s’était engagée « en face », dans le camp Brâkmarien.
Aussi obstinée et talentueuse que lui, elle avait grimpé les échelons en quelques mois, et au bout d’un an de loyaux services, elle s’était faite une réputation de « femme fatale », car aucune de ses victimes ne lui avait échappée.

Les coups arrivaient désormais frénétiquement. Elle les parait du mieux qu’elle put, et sentait qu’à chaque impact, ses muscles étaient sur le point de se rompre.
Son regard glissa furtivement vers l’unique source de lumière, l’unique sortie de cette grotte sinistre. Aucun des deux antagonistes ne pensait à s’enfuir non, ils étaient résignés. D’ici le levé du soleil, il n’y aurait qu’un seul survivant.

Elle réussit à l’atteindre sur le flanc droit, et une fraction de seconde plus tard, elle s’écrasa contre une stalagmite après que son ventre ait rencontré le pied de l’homme.
Elle se ressaisi et constata qu’il n’était plus face à elle. Son instinct fut salvateur. Elle se projeta subitement au sol, évitant par la même le terrible tranchant de la hache, qui brassa l’air. Il fut déséquilibré un bref instant, et elle en profita. Prenant appui sur ses genoux, et lui tournant le dos, elle lui enfonça violement son coude dans l’estomac. Le coup eut son effet, et il eut le souffle coupé, suffisamment longtemps pour permettre à la jeune femme de se redresser et de lui faire face, de nouveau.

Il s’élança vers elle, l’arme prête à terrasser celle qui avait l’audace et l’impétuosité de lui tenir tête. La lame trancha, séparant les cellules de l’épiderme de l’épaule droite jusqu’au bas du décolleté. Elle s’était suffisamment reculée, pour que le coup ne soit pas mortel. Elle était cependant assez proche de lui pour l’atteindre. Canalisant toute la douleur que contenant son corps, elle enfonça en un éclair son poignard dans la poitrine de l’’homme, stupéfait.

Ensuite, le temps semblait s’être arrêté. Il tomba lentement à genou, lâchant son arme. Il ne cessait de la fixer.
Elle était ravagée par un déferlement de sentiments contradictoires, amour, haine, fierté et regret. Elle tomba à son tour à genou, ses jambes refusant de la porter plus longtemps.
Elle s’attendait à lire de la souffrance dans ses yeux, ou du moins de la rage.
Mais au fond des ses deux yeux, qui semblait peu à peu se voiler, elle trouva de l’admiration, de la fierté, et de la tendresse.
Elle l’enlaça spontanément dans ses bras écorchés par la lutte. Leur sangs se mêlèrent dans cette étreinte finale, et elle sentit des frissons traverser tout son être lorsqu’il lui dit : « Toi et moi, ces deux synonymes… »
Les souvenirs de leur amour perdu que ravivait cette phrase eurent raison de ses dernières résistances. Des larmes timides firent leur apparition, se frayant un chemin sur les joues désormais écarlates de la jeune femme. C’est alors qu’il ajouta, mobilisant ses dernières forces, « Je t’aime… ma Pwaline adorée… »

Elle était prête, pour ce dernier combat, ce face à face final.
Pour un ultime baiser.
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Pwaline
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